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Lécuyer, put revenir à ses chères formules: Lécuyer, qui avait la parole brève et la moustache en brosse. Pour les articles homonymes, voir Le Passe-muraille homonymie. Malgré l’étroite surveillance dont il fut l’objet cette nuit-là, Dutilleul s’évada à onze heures trente. Vous êtes abonné e à la Lettre. Reconduit à la Santé et enfermé au triple verrou dans un cachot ombreux, Garou-Garou s’en échappa le soir même et alla coucher à l’appartement du directeur, dans la chambre d’ami.

Nom: garou garou le passe muraille
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Il se signalait chaque nuit par un nouvel exploit accompli soit au détriment d’une banque, soit à celui d’une bijouterie ou d’un riche particulier. Il proférait des menaces obscures, s’écriant par exemple d’une voix sépulcrale, ponctuée de rires vraiment démoniaques: Lécuyer, assis à sa table de travail, d’une plume encore nerveuse déplaçait une virgule dans le texte d’un employé, soumis à son approbation, lorsqu’il entendit tousser dans son bureau. Sa métamorphose était si complète qu’il passait, glabre et lunetté d’écaille, à côté de ses meilleurs amis sans être reconnu. On ne fait pas mieux actuellement , a voir donc!

Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue d’Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et il était employé de troisième classe au ministère de l’Enregistrement.

En hiver, il se rendait à son bureau par l’autobus, et, à la belle saison, il faisait le trajet à pied, sous son chapeau melon. Garoi venait d’entrer dans sa quarante-troisième année lorsqu’il eut la révélation de son pouvoir. Un soir, une muraiille panne d’électricité l’ayant surpris dans le vestibule de son petit appartement de mkraille, il tâtonna un moment dans les ténèbres et, le courant revenu, se trouva sur le palier du troisième étage.

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Cette étrange faculté, qui semblait ne répondre à aucune de ses aspirations, ne laissa pas de le contrarier un peu et, le lendemain samedi, profitant de la semaine anglaise, il alla trouver un médecin du quartier pour lui exposer son cas. Le docteur put se convaincre qu’il disait vrai et, après examen, découvrit la cause du mal dans un durcissement hélicoïdal de la paroi strangulaire du corps thyroïde. Il prescrivit le surmenage intensif et, à raison de deux cachets par an, l’absorption de poudre de pirette tétravalente, mélange de farine de riz et d’hormone de centaure.

Ayant absorbé un premier cachet, Dutilleul rangea le gqrou dans un tiroir et n’y pensa plus.

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Quant au surmenage intensif, son activité de fonctionnaire était réglée par des usages ne s’accommodant d’aucun excès, et ses heures de loisir, consacrées à la lecture du journal et à sa collection de timbres, ne ggarou pas non plus à une dépense déraisonnable d’énergie. Au bout d’un an, il avait donc gardé intacte la faculté de passer à travers les murs, mais il ne l’utilisait jamais, sinon par inadvertance, étant peu curieux d’aventures et rétif aux entraînements de l’imagination.

L’idée ne passf venait même pas de rentrer chez lui autrement que par la porte tarou après l’avoir dûment ouverte en faisant jouer la serrure. Peut-être eût-il vieilli dans la paix de ses habitudes sans avoir la tentation de mettre ses dons à l’épreuve, si un événement extraordinaire n’était venu soudain bouleverser son existence.

Mouron, son sous-chef de bureau, appelé tarou d’autres fonctions, fut remplacé par un certain M. Lécuyer, gwrou avait la muraillw brève et la moustache en brosse.

Mais le plus grave était qu’il prétendît introduire dans son service des réformes d’une portée considérable et bien faites pour troubler la quiétude de son subordonné. Depuis vingt ans, Dutilleul commençait ses lettres par la formule suivante: Lécuyer entendit substituer une autre d’un tour plus américain: Le matin, il se rendait à son travail avec appréhension, et le soir, dans son lit, il lui arrivait bien souvent de méditer un quart d’heure entier avant de trouver le sommeil.

Lécuyer avait relégué Dutilleul dans un réduit à demi obscur, attenant à son bureau. Lécuyer était la victime. Un jour, le sous-chef fit irruption dans le réduit en brandissant une lettre et il se mit à beugler: Recommencez-moi cet innommable torchon qui déshonore mon service!

Dutilleul voulut protester, mais M. Lécuyer, la voix tonnante, le traita de cancrelat routinier, et, avant de partir, froissant la lettre qu’il avait en main, la lui jeta au visage. Dutilleul était modeste, mais fier. Quittant son siège, il entra dans le mur qui séparait son bureau de celui du sous-chef, mais il y entra avec prudence, de telle sorte que sa tête seule émergeât de l’autre côté.

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Lécuyer, assis à sa table de travail, d’une plume encore nerveuse déplaçait une virgule kuraille le texte d’un employé, soumis à son approbation, lorsqu’il entendit tousser dans son bureau. Levant les yeux, il découvrit avec un effarement indicible la tête de Dutilleul, collée au mur à la façon d’un trophée de chasse. Et cette tête était vivante. A travers le lorgnon à chaînette, elle dardait sur lui, un regard de haine.

Bien mieux, la tête se mit à parler. Lécuyer ne pouvait détacher les yeux de cette apparition. Dutilleul, le porte-plume à la main, était installé à sa place habituelle, dans une attitude paisible et laborieuse. Le sous-chef le regarda longuement et, après avoir balbutié quelques paroles, regagna son bureau. A peine venait-il de s’asseoir que la tête réapparaissait sur la muraille. Au cours de cette seule journée, la tête redoutée apparut vingt-trois fois sur le mur et, les jours suivants, à la même cadence.

Il proférait des menaces obscures, s’écriant par exemple d’une voix sépulcrale, ponctuée de rires vraiment démoniaques: Un poil de loup! Il rôde un frisson à décorner tous les hiboux rire. Ce qu’entendant, le pauvre sous-chef devenait nuraille peu plus pâle, un peu plus suffocant, et ses cheveux se dressaient bien droits sur sa tête et il lui coulait dans le dos d’horribles sueurs d’agonie.

Le passse jour, il maigrit d’une livre. Au début de la deuxième semaine, une ambulance vint le prendre à son domicile et l’emmena dans une maison de santé. Dutilleul, délivré de la tyrannie de M. Lécuyer, put revenir à ses chères formules: Quelque chose en lui réclamait, un besoin nouveau, impérieux, qui n’était rien de moins que le besoin de passer à travers les murs.

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Sans doute le pouvait-il faire aisément, par exemple chez lui, et du reste, il n’y manqua pas. Mais l’homme qui possède des dons brillants ne peut se satisfaire longtemps de les exercer sur un objet médiocre. Passer à travers les murs ne saurait d’ailleurs constituer une fin en soi.

C’est le départ d’une aventure, qui appelle une suite, un développement et, en somme, une rétribution. Dutilleul le comprit très bien. Il sentait en lui un besoin d’expansion, un désir croissant de s’accomplir et de se surpasser, et une certaine nostalgie qui était quelque chose comme l’appel de derrière le mur.

Malheureusement, il lui manquait un but. Il chercha son inspiration dans la lecture du journal, particulièrement aux chapitres de la politique et du sport, qui lui semblaient être des activités honorables, mais s’étant finalement rendu compte qu’elles n’offraient aucun débouché aux personnes qui passaient à travers les murs, il se rabattit sur le fait divers qui se révéla des plus suggestifs.

Le premier cambriolage auquel se livra Dutilleul eut lieu dans un grand établissement de crédit de la rive droite. Au bout d’une semaine, ce nom de Garou-Garou connut une extraordinaire célébrité. La sympathie du public allait sans réserve à ce prestigieux cambrioleur qui narguait si joliment la police.

Il se signalait chaque nuit par un nouvel exploit accompli soit au détriment d’une banque, soit à celui d’une bijouterie ou d’un riche particulier. A Paris comme en province, il n’y avait point de femme un peu rêveuse qui n’eût le fervent désir d’appartenir corps et âme au terrible Garou-Garou. Après le vol du fameux diamant de Burdigala et le cambriolage du Crédit municipal, qui eurent lieu la même semaine, l’enthousiasme de la foule atteignit au délire.

Le ministre de l’Intérieur dut démissionner, entraînant dans sa chute le ministre de l’Enregistrement. Cependant, Dutilleul devenu l’un des hommes les plus riches de Paris, était toujours ponctuel à son bureau et on parlait de lui pour les palmes académiques. Le matin, au ministère de l’Enregistrement, son plaisir était d’écouter les commentaires que faisaient les collègues sur ses exploits de la veille.

Un jour, cette atmosphère de sympathie le mit tellement en confiance qu’il ne crut pas pouvoir garder le secret plus longtemps.

Le Passe-muraille

Avec un reste de timidité, il considéra ses collègues groupés autour d’un journal relatant le cambriolage de la Banque de France, et gzrou d’une voix modeste: Le soir, à l’heure de quitter le ministère, il était l’objet de plaisanteries sans fin de la part de ses camarades et la vie lui semblait moins belle.

Quelques jours plus tard, Garou-Garou se faisait pincer par une ronde de nuit dans une bijouterie de la rue de la Paix. Il lui eût été facile de s’enfoncer dans un mur et d’échapper mueaille à la ronde de nuit, mais tout porte à croire qu’il voulait être arrêté et probablement à seule fin de confondre ses collègues dont l’incrédulité l’avait mortifié. Ils regrettèrent amèrement d’avoir méconnu leur génial camarade et lui rendirent hommage en se laissant pousser une petite gwrou.

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Certains même, entraînés par le remords et l’admiration, tentèrent de se faire la gqrou sur le porte-feuille ou la montre de famille de leurs amis et connaissances. On jugera sans doute que le fait de se laisser prendre garpu la police pour étonner quelques collègues témoigne d’une grande légèreté, indigne d’un homme exceptionnel, mais le ressort apparent de la volonté est fort peu de chose dans une telle détermination.

En renonçant à la liberté, Dutilleul croyait céder à un orgueilleux désir de revanche, alors qu’en réalité il glissait simplement sur la pente paese sa destinée. Pour un homme qui passe à travers les murs, il n’y a point de carrière un peu poussée s’il n’a tâté au moins une fois de la prison.

Lorsque Dutilleul pénétra dans les locaux de la Santé, il eut l’impression d’être gâté par le sort. L’épaisseur des murs était pour lui un véritable régal. Le lendemain même de son incarcération, les gardiens découvrirent avec stupeur que le prisonnier avait planté un clou dans le mur de sa cellule et qu’il y avait accroché une montre en or appartenant au directeur de la prison.

El ne put ou ne voulut révéler comment cet objet était entré en sa possession. La montre fut rendue à son propriétaire et, le lendemain, retrouvée au chevet de Garou-Garou avec le tome premier des Trois Mousque taires emprunté à la bibliothèque du directeur. Le personnel de la Santé était sur les dents. Les gardiens se plaignaient en gaarou de recevoir des coups de pied dans le derrière, dont la provenance était inexplicable. II semblait que les murs eussent, non plus des oreilles, mais des pieds.

La détention de Passee durait depuis une semaine, lorsque le directeur de la Santé, en gsrou un matin dans son bureau, trouva sur sa table la lettre suivante: Me reportant à notre entretien du 17 courant et, pour mémoire, à vos instructions générales du 15 mai de l’année dernière, j’ai l’honneur de vous informer que je viens d’achever la lecture du second tome des Trois Mousquetaires et que je compte m’évader cette nuit entre onze heures vingt-cinq et onze muraills trente-cinq.

Je vous prie, monsieur le directeur, d’agréer l’expression de mon profond respect. Malgré l’étroite surveillance dont il fut l’objet cette nuit-là, Dutilleul s’évada à onze heures trente. Connue du public le lendemain matin, la nouvelle gariu partout un enthousiasme magnifique. Cependant, ayant effectué un nouveau cambriolage qui mit le murail,e à sa popularité, Dutilleul semblait peu soucieux de se cacher et circulait à travers Montmartre sans aucune précaution.

Trois jours après son évasion, il fut arrêté rue Caulaincourt au café du Rêve, un peu avant midi, alors qu’il buvait un vin blanc citron avec des amis. Reconduit à la Santé et enfermé au triple verrou muraile un cachot ombreux, Garou-Garou s’en échappa le soir même et alla coucher à l’appartement du directeur, dans la chambre d’ami.

Le lendemain matin, vers neuf heures, il sonnait la bonne pour avoir son petit déjeuner et se laissait cueillir au lit, sans résistance, par les gardiens alertés. Outré, le directeur établit un poste de garde à la porte de son cachot et le mit au pain sec. Vers midi, le prisonnier s’en fut déjeuner dans un restaurant voisin de la prison et, après avoir bu son café, téléphona au directeur.

Monsieur le directeur, je suis confus, mais tout à l’heure, au moment de sortir, j’ai oublié de prendre votre portefeuille, de sorte que je me trouve en panne au restaurant. Voulez-vous avoir la bonté d’envoyer quelqu’un pour régler l’addition?

Le directeur accourut en personne et s’emporta jusqu’à garrou des menaces et des injures. Atteint dans sa fierté, Dutilleul s’évada la nuit suivante et pour ne plus revenir. Cette fois, il prit la précaution de raser sa barbiche noire et remplaça son lorgnon à chaînette par des lunettes en écaille. Il s’installa dans un petit.

Le bruit de sa renommée commençait à le lasser et garoh son séjour à la Santé, il était un peu blasé sur le plaisir de passer à travers les murs.